« Le jeu du pendu » se révèle être un album salvateur pour les déçu du rap français, passionné et passionnant de bout en bout, entier, aux sons et flows addictifs, fouillés et peaufinés avec l'amour de la musique qui caractérise ses deux géniteurs, plus un « je-ne-sais-quoi » artisanal qui garantit contre tout un coté aseptisé. Sur l'album, Sept déploie à nouveau les trésors d'écriture dont il a le secret (son premier album, notamment disque du mois dans Radikal à sa sortie, avait déjà durablement marqué les esprits de ceux qui l'avaient entendu), poussant la rime urbaine dans ses retranchements sans jamais perdre le fond de son discours, celui d'un performer pour qui le terme « Edutainment » (KRS One) semble presque avoir été créé.
Sept est sans doute un des meilleurs lyricistes que le Rap français ait produit ces deerniers temps. C'est aussi à Public Enemy qu'on peut penser, pour le discours social balancé comme un cocktail molotov' qui aurait comme carburant l'humour noir. Brassens et autres pamphlétaires de la chanson Française trouvent là un digne descendant, jamais encarté mais toujours avec des vérités à balancer, souvent dérangeant mais jamais sinistre ou pesant. Lartizan soutient le phrasé acrobatique de Sept avec ses instrus toujours musicaux, dans la droite ligne d'un son New-Yorkais massif et à la saveur Hip Hop rafraîchissante sans jamais sonner périmée. Un coup de maître pour celui qu'on ne connaissait qu'à travers quelques remixes de Rap Américain et productions éparses pour Nakk, Dreyf, Soklak, puis plus récemment avec son remix album d' « American Gangster » de Jay-Z nommé « French gentleman » (dispo gratuitement sur www.lzorecords.com). Des influences palpables ? Beatnuts, DJ Premier, Alchemist, pour ne citer qu'eux.
Nos titres préférés ont été : « Le retour des crevards » avec sa rhytmique qui vous fait penser au vieux film français des années 60 avec Delon, Gabin et Belmondo. « Prépare-toi à une tuerie sale, c'est l'retour des crevards », « Classe A » sur lequel Sept nous donne une bonne leçon de maîtrise lyricale et de rimes : « J'prise c'qui brille, trie c'qui m'dit, j'brise qui m'grille, si j'dis qu'j'vise c'qui t'grise, prie. Si j'crise, plie. Ici j'divise, j'pille, ils minimisent si vite si j'crie... », « Tu tues » un pamphlet écrit avec l'aide de Soklak, à eux deux ils forment un duo caustique et lâche des phases aussi tranchante qu'un coutelas : « Ton écriture est au rap c'que l'caviar est au grec », « Le sexe en K7 » pour son excellente instru super Jazzy, bref nous pourrions continuer à citer pratiquement tous les autres titres tellement ils sont bon.
« Le jeu du pendu », est vraiment un album à posséder dans sa discothèque au côté de « Amnésie » premier solo de Sept et de « 1977 » l'album de Soklak.
Tracklist :
1. Le retour des crevards
2. Les lois de la gravité
3. Classe A
4. Diogène
5. Désintégration (feat Banal)
6. Tu tues (feat Soklak et DJ Boolchampion)
7. Lame soeur
8. Le sexe en K7
9. L’appât (skit)
10. Un seul principe
11. Seigneurs de l’underground (feat DJ Skeezo)
12. Correspondances (feat Faro)
13. Karaoké pirate
14. Je ne suis pas seul (feat Iris)
15. Le jeu du pendu
16. Systême mètrique
17. 22h17 La Villette Grand Ecran (skit)
18. Memento mori
Site web : www.lzorecords.com
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