Plus besoin de présenter Despo Rutti...
L'interview se passe dans les locaux du label parisien "Because Music" ou il me recoit super détendu et souriant, pret à me parler de son projet "Convictions Suicidaires". En effet le rappeur Despo Rutti a sorti le 26 Avril son premier album intitulé
"Convictions Suicidaires". Après avoir convaincu notamment avec son street
album "Les Sirènes du Charbon" sorti en 2006, il continue dans sa lancée
et son style franc et acerbe avec ce nouvel album au titre certes sombre
mais décrivant parfaitement l’ambiance et l’univers de cet artiste.
Despo
marque par son écriture brute et réfléchie, remplie de simples vérités
souvent non assumées par la morale collective, une démarche pleine de
bon sens où l’on ressent parfois une agressivité qui peut déranger, mais
là serait justement l’objectif de Despo : déranger pour faire réfléchir.
Les morceaux sont détonants, mettent à plat les problèmes de la vie sociale et du quotidien, sans pour autant trop facilement se focaliser sur les clichés habituels « cité, misère, immigration, nique sa mère la police ».
Il analyse d’abord les relations et réactions humaines en France, en dénonçant bien entendu les injustices et surtout les contradictions et les absurdités de ce pays, qui mènent au fossé grandissant entre riches et miséreux, et dans une plus large mesure, de l’Homme, cette « sale race ».
Du racisme entre noirs et maghrébins dans le titre "L’Oeil aux Beurs Noirs" à la lutte au sein de la dure industrie de la musique dans "Underground Music", les thèmes de Despo sont large, sans optimisme mais dans un élan combatif.
Il m'invoque aussi le goût amer qu'il a eu suite à son amende de 40 000€ (le visuel de son double CD « les sirènes du charbon » est un enfant black d’environ 5 ans sur un vélo entouré par quatre CRS; en clin d’oeil aux lois répressives des expulsions d’immigrés.
Le sociologue et psychologue Boris Cyrulnik dénonce également dans ses ouvrages la violence de l’état envers les enfants. C’est ainsi que Despo est forcé à payer une amande de 40 000 euros de dédommagement aux quatre CRS s'étant reconnu sur la photo... (pour atteinte aux libertés individuels et aux droits à l’image... )
Un album très bien travaillé, varié, brut, sincèrement une réussite musicale et j’invite même les réticents au rap à écouter, au moins pour les textes.
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